Compagnie Théatrale 2 Pièces Cuisine

 

LA COMPAGNIE

La compagnie s’est créée à partir d’un texte : « Un lit parmi les lentilles » d’Alan Bennett. Comme quoi, on ne peut pas rogner les origines puisque les auteurs, leurs textes, seront la clé de voûte de la compagnie et le moteur de chaque création qui suivra.
Ce texte, et la création qui en a suivi, ont animé toute une équipe désireuse de naître avec cette histoire de femme solitaire, désemparée, insolente et tragique.

2 Pièces Cuisine est ainsi né en 2001 et s’est offert comme cadeau de naissance le Festival d’Avignon : grande fresque tenant de la foire et du secret, des certitudes et du danger, de la douleur et du rêve.
De cette aventure, je décidai d’entrer dans les textes comme on pénètre sur un plateau : en exploratrice de ma propre imagination. Le théâtre comme terrain de jeu et non comme un sanctuaire !
Je suis une autodidacte de la scène, toujours préoccupée de la signification politique et sociale, du lien entre destin collectif et individuel, dont doit être porteur le théâtre.
Et pour cela, ma préférence va aux auteurs contemporains. Ils me permettent de laisser la trace de ceux dont on n’écoute ni les cris ni les murmures, ceux que l’on fait taire toujours.
Le spectacle est comme un fragment du monde et le monde est une scène !
La compagnie 2 Pièces Cuisine se balade depuis 5 ans au gré des salles libres, utilisant des lieux en perdition, condamnés à la destruction, friche insalubre, mouchoir de poche au 3ème étage, cave sans chauffage… mais toujours elle ouvre grand ses portes à la recherche d’autres histoires… d’autres corps… d’autres voix…

Parallèlement à ses créations professionnelles (Un lit parmi les lentilles d’Alan Bennett, Les eaux et forêts de Marguerite Duras, Or c’était le Printemps d’après textes divers, Glengarry Glenn Ross de David Mamet), 2 Pièces Cuisine s’inscrit dans un travail de recherche avec diverses troupes amateures régionales.
Car ce qui est posé là , avec ces troupes, c’est la question du partage de la matière théâtrale avec le plus grand nombre, c’est dépasser la pratique du simple cours pour accéder à une véritable culture théâtrale.
Le saut à faire, ce n’est pas simplement s’abandonner à ses petits vertiges de comédienne, c’est accepter de changer sa relation au monde, de le rendre fondamentalement provisoire, sans cesse à réinventer car plus la base est large, plus la pointe est haute ! C’est la métaphore de la pyramide !

Il y a 3 millions d’années, un humain s’est détaché quelques instants de sa horde. Seul au milieu de ses semblables, il a hurlé et son cri a provoqué un silence. J’aime le théâtre quand il poursuit ce cri premier, cette émotion primordiale en offrande au groupe.

Chantal Mairet, Directrice artistique.