Samedi 9 decembre à 16h dans la cour de la Médiathèque
durée 15 mn
Entrée libre
Un extrait du texte de Fédérico Garcia Lorca
par les Zurbains.

Ce fut magique !
Tout d'abord, le temps : depuis 2 jours, il ne cessait de pleuvoir. Mais... la pluie s'est arrêtée à 15h30 et a repris à 17h !... Les Dieux du théâtre étaient avec nous !
Les Dieux de la danse aussi car la chorégraphie, mise au point de dentelle par Brigitte Baconnet (une indispensable Zurbaine de la 1ère heure) était on ne peut plus parfaite. Ce n'est pas rien d'être parfaitement ensemble à 8 ! Et pourtant ce le fut.
La tension qu'il m'importait d'imprimer sur cette scène, comme métaphore du fascisme espagnole à venir, était à son comble dans cette cour intérieure de la Médiathèque, rude et humide.
Le public nombreux et ravi nous a tout de même fait part de sa frustation d'un si court extrait, presque comme un reproche. L'angoisse engendrée par la scène y était pour beaucoup.
Tant mieux : quand le plaisir nous paraît trop court, c'est qu'il était bon, non ? !

Les derniers filages ont permis de finaliser le travail avec la musique qui apporte une vraie intensité à ce texte. Les musiciens Yannick et Camille, très très jeunes (j'ignore leur age mais ils ne sont pas loin de l'adolescence) sont issus du Conservatoire de Musique de Dole et nous ravissent par leur invention, légèreté, et souriance... (le mot n'existe pas, je viens de l'inventer).
Les quelques photos prises dans la nuit lors de la générale transcendent ce lieu divinement poétique. Dommage que nous jouions la journée...
Quels spectateurs aurons-nous ? A la Médiathèque, c'est toujours l'inconnue : cela passe de 5 à 100, on ne sait pas pourquoi... Alea jacta est !

9 femmes dans un huis clos suffocant autour d'une absence, celle de l'homme : métaphore du régime fasciste qui montera au pouvoir quelques semaines après l'écriture de cette pièce.
15 comédiens, 2 percussionnistes, 1 village andalou dans les années 30, le glas résonne... Bernarda Alba, escortée de ses 5 filles, rentre de l'enterrement de son mari...
Ce court extrait est un avant-goût de ce magnifique poème d'amour brûlant, passionné, déchirant, désespéré, plein de sève et de feu. Un travail chorégraphique et une musique percussive inspirés de l'Espagne ponctueront la scène.
J'ai toujours rêvé de monter ce texte constitué essentiellement de femmes qui se déchirent autour d'une absence : celle de l'homme. Elles crient, chacune à leur façon, leur désespoir d'exister sans amour.